Seulement un millénial sur cinq s’attend à voir l’égalité des sexes à l’échelle mondiale de son vivant

Un nouveau sondage du Fonds MATCH révèle que plus de la moitié des milléniaux souhaitent voir le Canada jouer un rôle important ou de premier plan dans le financement de la lutte pour les droits de la femme à l’échelle mondiale.

(OTTAWA, 24 septembre 2018). Aujourd’hui, lors de la première journée de la Semaine de l’égalité des sexes, Le Fonds MATCH international pour la femme (Le Fonds MATCH) a publié les résultats d’un sondage d’envergure nationale menée auprès des milléniaux afin de savoir s’ils croient que l’égalité des sexes est réalisable – au Canada et autour du monde.

Parmi les 1700 Canadiens âgés de 18 et 37 ans interrogés par Abacus Data, 75 pour cent on dit qu’ils s’attendent à voir l’égalité des sexes en Occident de leur vivant – mais seulement 21 pour cent pensent que ce sera réalisable à l’échelle mondiale.

Les hommes milléniaux ont tendance a être moins pessimistes, puisque seulement 20 pour cent ont dit que de parvenir à l’égalité des sexes de leur vivant, n’importe où, était “peu probable” ou “impossible”, alors que 31 pour cent des femmes interrogées ont dit la même chose.

Les espérances positives d’atteindre l’égalité des sexes diminuent aussi avec l’âge. Alors que 84 pour cent des personnes des deux sexes ont dit qu’ils étaient optimistes, ce chiffre baisse à 70 pour cent parmi les 29 à 33 ans.

“Plus on vieillit et plus on a d’expérience dans le monde du travail, et ensuite en tant que parent peut-être, moins on est optimiste par rapport à la possibilité d’atteindre une situation d’égalité des sexes véritable,” affirme Jess Tomlin, PDG du Fonds MATCH. “Selon les données, les milléniaux plus âgés – dont plusieurs sont maintenant devenus des parents qui travaillent – réalisent maintenant la réalité de l’inégalité des sexes.”

“Le côté positif de tout ça c’est que cette prise de conscience pousse les mouvements mondiaux à enfin lutter pour de réels changements – mais ces efforts entrepris pour parvenir à l’égalité des sexes ne doivent pas cesser, et ils doivent être étendus et stratégiques. Il n’y a pas de solution magique,” dit Tomlin.

À l’heure où le gouvernement fédéral met l’accent sur l’égalité des sexes, l’enquête cherchait également à sonder l’opinion des milléniaux sur le rôle du gouvernement canadien dans la promotion de l’égalité des sexes sous forme d’assistance internationale et l’impact potentiel de l’orientation de leurs politiques sur les décideurs.

“Pour la première fois, les milléniaux formeront la plus importante portion d’électeurs éligibles lors des prochaines élections fédérales. Ce qui veut dire que s’ils votent, ils ont le pouvoir collectif de profondément influencer les résultats,” indique David Coletto, PDG de Abacus Data et expert reconnu en matière de changement générationnel.

73 pour cent ont répondu que c’est au moins en partie la responsabilité du gouvernement d’investir dans l’égalité des sexes à l’échelle mondiale, plutôt que celle du secteur privé et de la société civile. Seulement 16 pour cent des répondants ont dit que le gouvernement devrait jouer “un petit rôle” ou “aucun rôle”, alors que 34 pour cent ont dit qu’il devrait au moins jouer “un rôle modéré.”

Spécifiquement, lorsque interrogés sur le niveau de rôle que le gouvernement canadien devrait jouer lorsqu’il s’agit d’investir dans la lutte pour les droits de la femme à l’échelle mondiale, y compris le financement des organismes communautaires de femmes, 51 pour cent des milléniaux ont dit qu’ils souhaitaient que le Canada joue au moins un rôle important ou de premier plan.

“Étant donné que la majorité des Canadiens âgés de 18 à 37 ans s’attendent à ce que le gouvernement fédéral joue un rôle important dans le financement d’organismes de défense des droits de la femme à l’échelle mondiale, c’est une indication qu’ils comprennent le lien entre le soutien des organismes communautaires féministes et notre capacité d’atteindre l’égalité des sexes, dit Tomlin. Une conviction soutenue sans réserve par le Fonds MATCH et nos partenaires féministes mondiaux.”

Le Fonds MATCH, ainsi que plusieurs de nos organismes partenaires internationaux, y compris le Nobel Women’s Initiative, ont invariablement préconisé des investissements canadiens en assistance internationale plus importants et plus directs en soutien aux organismes et aux mouvements de défense des droits de la  femme.

Par l’entremise de la Politique d’aide internationale féministe (PAIF) et des programmes connexes tels que l’initiative Voix et leadership des femmes lancé par l’honorable Marie-Claude Bibeau, ministre du. Développement international, le Fonds MATCH estime qu’il est encourageant de voir progresser la question du financement des organismes et mouvements de défense des droits de la femme.

Toutefois, il y a encore beaucoup de travail et d’investissements à faire afin de réellement changer l’équilibre du pouvoir et de permettre aux organismes de défense des droits de la femme de fixer elles-mêmes leurs priorités et ne pas être à la merci de la bureaucratie dans la mise en pratique de leurs programmes.

“Il n’existe pas de solution magique à ces questions complexes d’inégalité des sexes dans l’hémisphère sud et au-delà,” dit Gisèle Baraka Bashige, défenseure des droits humains et journaliste pour Mama Radio dans la République démocratique du Congo.

“Mais je crois que ce changement est possible si les militantes comme moi et mes pairs peuvent recevoir un soutien important lorsque nous luttons pour faire avancer la cause. Je vois les résultats de ce sondage comme une indication que les plus jeunes générations du Canada sont prêt à se battre avec nous pour l’égalité des sexes à l’échelle mondiale – et ça me donne espoir.”

Lors de sa comparution devant le Comité permanent des finances la semaine dernière, le Fonds MATCH préconisait un montant de 2,2 milliards de dollars sur une période de 10 ans en soutien aux organismes et aux mouvements de défense des droits de la femme.

“Clairement, ce sondage fait preuve de l’appui des milléniaux pour un investissement canadien important dans les droits de la femme. Vu l’incertitude géopolitique actuelle extrême, il n’a jamais été plus important pour le Canada de soutenir les militantes féministes courageuses qui se battent pour l’égalité, la paix et la sécurité,” dit Tomlin.

Hormis la publication de ces résultats, le Fonds MATCH amorce la Semaine de l’égalité des sexes avec une soirée à Ottawa, qui proposera le dévoilement de sa campagne annuelle, une table ronde d’experts intitulée L’égalité des sexes dans un monde millénaire, ainsi qu’un discours de la ministre de la Condition féminine, l’honorable Maryam Monsef.