Ce que nous laissons derrière nous en 2018

En fin 2018, un rapport (de la Commission nationale pour l’égalité des sexes, rien de moins!) affirmait que les garçonsdu Kenya avaient été délaissés. “Il y a eu trop d’accent sur l’éducation de la jeune fille,” le rapport concluait, suscitant un débat national : est-ce que les filles du Kenya sont excessivement autonomisées?

Akili Dada, le partenaire du Fonds MATCH, en a quelque chose à dire.

Non.

“Ce qui nous inquiète, c’est que ce rapport reconnait la vulnérabilité des filles, mais du même coup, donne l’impression que de soutenir les filles entraine une privation des garçons,” dit Akili Dada.

Akili Dada, ce qui signifie “soeur de cerveau” en Swahili, forme des milliers de filles chaque année pour leur permettre de devenir des leaders et d’innover dans leurs communautés locales. Ce n’est pas une mince affaire, étant donné les générations de misogynie, de colonialisme et d’invisibilité.

C’est pourquoi Akili Dada aborde son travail comme un parcours à quatre volets : la découverte de soi, l’amitié, l’engagement communautaire perturbateur, et le leadership. Les filles des programmes d’Akili Dada identifient leurs propres projets en vue de pourvoir un grand besoin, tel que l’éducation sexuelle pour les malentendants, la construction de ponts dans les zones humides locales, et la création d’une culture d’énergie solaire dans leurs patelins. D’anciennes participantes ont construit des applications pour les soins de santé maternels, ont lancé des entreprises à succès, et se sont même portées candidates au sénat.

Alors, laissons ces idées “d’autonomisation excessive” dans le passé. En 2019, les femmes et les filles sont déjà autonomes et puissantes. Ce qui leur manque (toujours), c’est l’égalité.